DACHRA d’Abdelhamid Bouchnak

Angoisses tunisiennes

L’épouvante est-elle plus douce au soleil ? Pour le savoir, il est chaudement recommandé de se précipiter à la projection d’un premier film venu du Maghreb. Réalisé par un jeune réalisateur tunisien à la technique très sûre, Dachra a déjà fait son petit effet dans tous les festivals où il a été présenté. Dans ce film de genre totalement assumé et maîtrisé, on suit une bande d’étudiants en journalisme tournant un documentaire sur un meurtre rituel non élucidé. Leur enquête les mènera à Dachra, un village reculé où la sorcellerie la plus noire semble y être aussi naturelle que la récolte des olives. Sur une base scénaristique qui ne manque pas de rappeler quelques classiques, Abdelhamid Bouchnak – qui dit s’être inspiré des croyances occultes qui agitent encore certains angles morts du terroir tunisien – évite avec clairvoyance le found footage qui lui tendait les bras pour miser sur un vrai film de mise en scène. Noir, poisseux, effrayant, efficace et intelligent, Dachra colle une frousse bleue avec l’idée insidieuse de proposer entre deux jump scares la vision d’un auteur lucide sur la réalité d’un pays où le soleil ne brille vraiment pas toujours.

Fiche film